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Philosophie

En général...

On aime s'inscrire dans une certaine philosophie... Philosophie de vie, philosophie de travail, philosophie de produits. Souvent, d'ailleurs, elles nous paraissent indissociables. On pourrait même dire qu'elles se reflètent l'une et l'autre, qu'elles se combinent, pour n'en former plus qu'une, avec un objectif à la fois simple à définir, mais complexe à trouver et à garder : le Bonheur.

Il était difficile pour nous de concevoir notre métier, nos vins et tout ce qui gravite autour sans essayer de garder nos valeurs, notre fougue, notre jeunesse, notre joie de vivre. Beaucoup de vignerons se renferment dans leur métier et en oublient peut-être l'essentiel. On ne porte pas de jugement, mais on constate autour de nous un mal qui nous attriste. Nos débuts dans le métier n'ont pas été de tout repos : grêle, problèmes administratifs et erreurs de débutant nous on fait beaucoup douter. Malgré cela, on a gardé l'envie, l'envie de faire, de progresser, de créer et surtout d'être heureux dans notre activité.

Ce métier n'est pas de tout repos mais nous apporte tellement de bonheur qu'il serait bête de passer à côté. Faire du vin, oui, mais à quel prix... Au prix d'une vie, sans avoir vu grandir ses enfants, sans avoir le temps de rentrer chez soi pour être dans les bras de sa femme, sans prendre le temps de boire l'apéro le soir entre copains... Une vie sans prendre le temps de vivre ? Peu pour nous. 

Avant de commencer, on s'était tous les deux dit qu'il ne fallait pas passer à côté de l'essentiel, quitte à faire quelques concessions. Prendre le temps, ne pas griller d'étapes... Petit à petit, on se rend compte que cet état d'esprit, cette philosophie se ressent jusque dans nos vins et nous apporte beaucoup de joie. Maintenant le plus dur reste à faire : le garder ce bonheur, le garder...

Alors on espère qu'à travers nos vins, vous pourrez vous aussi goûter à une petite part de notre bonheur.

Dans nos vignes...

Très récemment (vendange 2017) nous avons décidé de passer notre vignoble en certification biologique. Ce choix n'est pas anodin. Il nous a demandé un certain investissement, notamment, dans du matériel performant pour cultiver le sol. Il nous a aussi fallu réorganiser notre manière de travailler en consacrant plus de temps sur nos parcelles : travail du sol, épamprage, palissage, traitement. Eh oui !!! contrairement à une idée reçue et trop propagée, le viticulteur bio traite, avec des produits naturels, mais il traite. Les maladies de la vigne (mildiou, oïdium...) doivent être traitées sinon la vigne s'affaiblit et les raisins pourrissent. Un jour, sans doute assez rapidement, on verra apparaitre des cépages résistants qui nous permettront de moins traiter. Mais pour le moment le vigneron bio traite.

Alors pourquoi avoir fait ce choix :

Tout d'abord, si l'on devait classer les raisons, on dirait qu'elle est d'abord personnelle. Quand on se lève le matin, ce n'est pas forcément agréable d'enfiler une tenue de traitement pour aller épandre des produits de boîtes phytopharmaceutiques ultracapitalistes, présumés cancérigènes. Des produits dont on ne connait rien, si ce n'est qu’ils sont très performants pour lutter contre l'herbe ou les maladies de la vigne.

La seconde raison est beaucoup moins personnelle. On pense à nos enfants, à nos nièces et neveux, aux promeneurs, à tous ceux qui boiront l'eau de nos ruisseaux, à tous ceux qui vivent et qui vivront sur notre Planète. Si on n’agit pas chacun un peu sur nos actions quotidiennes, on ne laissera que des mauvaises choses à nos enfants. Cette manière de travailler permet de remettre l’humain au milieu du débat.

Une autre raison, et peu de monde veut en parler, c’est la raison économique et commerciale. Ça ne peut être une raison principale, mais il ne faut pas nier que le bio reste un mode de culture où la demande est en progression, et donc, le vigneron doit s’adapter à la demande du consommateur.

Mais tous ces choix ne sont pas une plaidoirie contre la culture conventionnelle ou raisonnée. Trop souvent, l’exposé verbal des « anti » et « pro » bios tourne au pugilat d’arguments nauséabonds et infondés. On entend trop souvent des bios critiquer la culture conventionnelle comme si c’était le mal du XXIème siècle. Ou alors des agriculteurs conventionnels fustiger les agriculteurs bios en parlant de néoruraux, poètes et rêveurs. Ce débat prend souvent des tournures extrémistes qui au fond, je le pense, n’aident pas à faire avancer les choses dans le bon sens. Cette querelle, souvent médiatique, n’aide pas l’agriculture.

On ne peut pas voir le bon comme le bio et le méchant comme le conventionnel. Les choix et les moyens pour parvenir à ces différentes méthodes culturales sont souvent très complexes : raison financière, climat, continuité familiale, surface d’exploitation… On ne peut pas dire non plus que le bio n’est pas la résultante d’autres problèmes environnementaux qui à ce jour ne sont pas encore réglés (production de gaz à effet de serre, accumulation du cuivre dans les sols, …).

Alors oui, certes, on voit du mieux dans notre manière de travailler, on voit du mieux dans la démarche d'obtention du label "Agriculture biologique". On se sent plus heureux quand on va traiter la vigne avec des produits naturels, on se sent plus heureux quand on revoit nos sols vivre et s’enrichir sans engrais chimique. Mais pour en finir avec cette pensée exhaustive, amis consommateurs, amateurs de nos vins, ne venez pas nous voir en fustigeant les agriculteurs conventionnels et raisonnés, puisque c’est ainsi qu’on les appelle, en critiquant leur manière de travailler. Car ces mêmes agriculteurs sont parfois nos voisins, nos amis, nos parents, et qu'ils ont toujours fait de leur mieux pour vivre modestement de leur métier dans une société de consommation.

Et dans notre chai...

Là aussi c’est le combat des extrêmes. De nos jours, certains amateurs de vin voudraient diviser le monde du vin en deux catégories : les vins natures, et les autres… Ne peut-on pas voir cela plutôt comme des différences ?

Encore faut-il trouver une définition cohérente aux vins natures. Un vin nature est un vin qui utilise le moins d’intrants possible, dont une absence de SO2 rajouté. Mais si certains utilisent d’autres méthodes pour enlever ce SO2 et pour permettre la conservation du vin (filtration stérile, acide ascorbique, …), peut-on dire qu’ils sont vraiment natures ? C’est à chaque vigneron et à chaque consommateur de faire son opinion. Certains journalistes et « professionnels » du milieu voudraient nous faire croire que c’est le vin de nos ancêtres, que c’est le « vrai » goût et que les consommateurs qui ont une culture du vin depuis des siècles se trompent. Mais un vin farci de volatile (goût de vinaigre), oxydé (goût de pomme blette), de Brett (goût d’écurie) ou qui pique sur la langue (excès de CO2) est-il bon ??? Nous, personnellement,voyons cela comme un défaut, alors que certains producteurs le justifient par le mot « nature » pour arriver à le vendre. Et le problème c’est que les vrais bons vins natures, plutôt rares, en pâtissent.

Alors, avant de rentrer dans les extrêmes, d’un côté les vrais vins natures très difficiles à produire sans qu’il n’y ait de déviance, et de l’autre les vins industriels, sans âme, où les intrants nombreux rendent difficile l’originalité et favorisent l’apparition des vins « coca », des vins standardisés, n’y aurait-il pas une autre catégorie de vins ? Parlons plutôt de différences, pour éviter ce classement inutile.

Nous pensons qu’il y a un juste milieu. Un vin qui se caractérise par le travail du vigneron, un travail différent sur chaque cuve, sur chaque millésime. Un vin qui utilisera les levures de notre terroir présentes dans nos parcelles et dans notre cave. Un vin filtré au minimum, ou pas filtré suivant les millésimes. Un vin avec un minimum de sulfites, juste ce qu’il faut pour le préserver des défauts. Un vin avec un minimum d’intrants pour respecter notre produit et nos consommateurs.

Pour toutes ces raisons, vous trouverez chez nous un vin qui respecte l’environnement, qui respecte nos traditions, qui respecte notre terroir et surtout qui respecte le consommateur. Vous trouverez un vin qui nous correspond, avec des valeurs humaines. Un vin à la fois simple dans sa composition, mais complexe dans son harmonie et son élégance. 

Matthieu et Franck